Les évolutions récentes de la consommation d’alcool en France et de ses conséquences

Volumes d’alcool consommés orientés à la baisse

En 2019, les volumes d’alcool consommés sur le territoire français restent orientés à la baisse, même si, dans la continuité d’une tendance engagée en 2006, la diminution est devenue assez faible. La proportion de la population indiquant boire quotidiennement, qui avait fortement chuté au cours des années 2000, a cessé de diminuer au cours des années 2010, ce qui marque une rupture forte avec la tendance antérieure de baisse continuelle.

Les comportements d’alcoolisations ponctuelles importantes (API)1 , dont la mesure a débuté en 2005, ont globalement diminué chez les adultes comme chez les jeunes au cours des années 2010 après une phase d’augmentation à la fin des années 2000. Au total les niveaux d’API dans le mois de 2017 reviennent à des niveaux proches de ceux de 2005, un peu supérieurs parmi les adultes, légèrement inférieurs chez les jeunes de 17 ans.

Les comportements d’API des femmes, quatre fois moins prévalents que ceux des hommes parmi les adultes et une fois et demi à 17 ans, en 2005, ont eu tendance à augmenter plus fortement puis à moins diminuer que parmi les hommes, réduisant ainsi progressivement les écarts de niveau observés. La prévalence des API reste cependant encore nettement moindre chez les femmes. Les comportements « d’ivresses », notion plus subjective car laissée à l’appréciation des personnes interrogées dans les enquêtes, sont quant à elles en constante augmentation depuis 2000. Reflet de la tendance de long terme à la baisse de la consommation d’alcool en France, la mortalité pour les principales causes de décès liées à l’alcool a continué à reculer jusqu’en 2016 à un rythme qui n’a que peu varié depuis le début des années 2000. La baisse des accidents mortels avec implication de l’alcool, conséquence directe des comportements actuels d’alcoolisation, semble en revanche marquer le pas depuis 2013. Le nombre d’hospitalisations en médecine, chirurgie et obstétrique pour un diagnostic principal mentionnant explicitement l’alcool a un peu augmenté en 2019.

Cette évolution relativement limitée résulte principalement d’une augmentation des séjours pour syndrome de dépendance et pour sevrage de très courte durée alors que diminuent les séjours pour intoxication aigue et pour les maladies explicitement indiquées comme liées à la consommation d’alcool (cirrhoses alcooliques, pancréatiques alcooliques, maladies du système nerveux liées à l’alcool, etc.). Les évolutions en 2019 se situent dans la continuité des tendances observées depuis 2010. Le nombre de personnes prises en charge dans les CSAPA pour un problème d’alcool est quant à lui en augmentation sur la période 2010-2017 mais parait se stabiliser depuis 2014. Après une longue période de diminution, le nombre de condamnations pour infractions routières mentionnant explicitement l’alcool semble se stabiliser.

C’est le cas pour les condamnations pour conduite en état alcoolique depuis 2016 et depuis 2014 dans le cas des infractions pour blessure involontaire par conducteur en état alcoolique pour lesquelles se dessine même une tendance ascendante. L’implication de l’alcool dans les violences hors circulation routière suivie uniquement pour les violences hors ménages fait apparaître une diminution qui reste cependant faible de la part des agresseurs considérés comme alcoolisés. Il peut être en dernier lieu noté que les perceptions quant à la dangerosité de l’alcool, si elles ont peu évolué au cours des années 2010, ont connu une évolution non négligeable entre 2002 et 2008, la part de ceux qui considèrent l’alcool dangereux dès l’expérimentation ou une consommation occasionnelle ayant fortement augmenté. Signe également d’une tendance à la modification des mentalités, la part de la population considérant qu’il est acceptable de boire son premier verre avant 16 ans est passée de 20 % à 12 % entre 2002 et 2018

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