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	<title>Archives des actualités de l&#039;Observatoire de la Fiscalité Comportementale</title>
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	<title>Archives des actualités de l&#039;Observatoire de la Fiscalité Comportementale</title>
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	<item>
		<title>Taxe soda : un an après la hausse, quels effets en France ?</title>
		<link>https://fiscalite-comportementale.org/taxe-soda-france-effets-2026/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[dev]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 09:00:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Fiscalité comportementale]]></category>
		<category><![CDATA[actualité - fiscalité comportementale]]></category>
		<category><![CDATA[actualités - santé]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis mars 2025, la nouvelle taxe sur les boissons sucrées vise à réduire leur teneur en sucre et leur consommation, mais ses premiers effets montrent des comportements parfois différents de ceux initialement recherchés.</p>
<p>L’article <a href="https://fiscalite-comportementale.org/taxe-soda-france-effets-2026/">Taxe soda : un an après la hausse, quels effets en France ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://fiscalite-comportementale.org">L&#039;Observatoire de la fiscalité comportementale</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Depuis mars 2025, la taxe sur les boissons sucrées a changé d’échelle en France. Pensée pour inciter les industriels à réduire la quantité de sucre dans leurs produits et les consommateurs à se détourner des boissons les plus sucrées, cette fiscalité comportementale produit désormais ses premiers effets visibles. Mais ceux-ci ne correspondent pas toujours aux comportements initialement recherchés.</span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><b>Une taxation nettement plus incitative</b></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">La réforme de 2025 a remplacé un système composé de quinze tranches par trois seuils beaucoup plus marqués. En 2026, une boisson contenant moins de 5 kg de sucres ajoutés par hectolitre est taxée à 4,07 €, contre 21,38 € entre 5 et 8 kg et 35,63 € au-delà.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Pour les boissons les plus sucrées, l’écart est considérable. Le Coca-Cola classique, qui dépasse 8 kg de sucre par hectolitre, supporte désormais environ 36 centimes de taxe par litre. Une bouteille de 1,5 litre représente ainsi plus de 50 centimes de contribution.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">L’objectif de ces écarts est assumé : créer une incitation suffisamment forte pour encourager les fabricants à reformuler leurs recettes. Une logique que l’Observatoire avait déjà abordée dans son analyse de</span><a href="https://fiscalite-comportementale.org/limpact-de-la-taxe-soda-sur-les-prix-des-boissons-non-alcoolisees/?utm_source=chatgpt.com"> <span style="font-weight: 400;">l’impact de la taxe soda sur les prix des boissons non alcoolisées</span></a><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><b>Des prix plus élevés, mais quels changements de consommation ?</b></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">La hausse fiscale est en partie répercutée sur les consommateurs. Selon les données citées par Selectra, les prix des colas et boissons sucrées auraient progressé d’environ 10 %. Les volumes de Coca-Cola vendus en grande distribution auraient parallèlement diminué de 4 %, sans qu’il soit possible d’attribuer cette évolution à la seule fiscalité.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">La question de l’efficacité se pose donc : une hausse de prix suffit-elle à modifier durablement les habitudes alimentaires ? Lors des débats parlementaires, la rapporteure Élisabeth Doineau résumait déjà ce paradoxe : une taxe comportementale qui continue de produire un rendement élevé peut aussi être interprétée comme le signe que les comportements persistent.</span><a href="https://www.publicsenat.fr/actualites/sante/budget-de-la-secu-la-taxe-soda-multipliee-par-trois-pour-certaines-boissons"> <span style="font-weight: 400;">Public Sénat revient sur les objectifs de la réforme</span></a><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><b>Quand la fiscalité modifie les circuits d’achat</b></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Un autre effet, moins attendu, apparaît aujourd’hui. En avril 2026, une enquête de France 2 mettait en évidence la présence croissante de boissons importées de Pologne, de Tchéquie ou d’autres pays européens dans certains commerces et restaurants français.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Importer ces produits est légal, mais la taxe doit être déclarée lors de leur arrivée sur le marché français. Or certains opérateurs ne s’en acquitteraient pas. Selon les estimations rapportées par Franceinfo, cette fraude pourrait représenter entre 20 et 40 millions d’euros de pertes fiscales par an.</span><a href="https://www.franceinfo.fr/sante/alimentation/sucre-la-taxe-soda-fait-pschitt_7952207.html?utm_source=chatgpt.com"> <span style="font-weight: 400;">Voir l’enquête de Franceinfo</span></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Ce phénomène illustre une limite classique de la fiscalité comportementale : lorsque l’écart de prix devient suffisamment important, le consommateur ou le distributeur peut chercher une solution de substitution plutôt que modifier le comportement ciblé.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">La taxe soda devient ainsi un cas d’école. Son efficacité ne peut pas seulement être mesurée au montant collecté ou aux ventes d’un produit. Elle doit aussi être évaluée au regard des reformulations industrielles, des changements réels de consommation et des stratégies de contournement qu’elle peut provoquer.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Sources :</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Public Sénat, </span><a href="https://www.publicsenat.fr/actualites/sante/budget-de-la-secu-la-taxe-soda-multipliee-par-trois-pour-certaines-boissons"><span style="font-weight: 400;">Budget de la Sécu : une « taxe soda » en très forte hausse pour certaines boissons</span></a><span style="font-weight: 400;">, 17 février 2025.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">L’Informé, </span><a href="https://www.linforme.com/grande-conso/article/taxe-soda-l-addition-salee-de-coca-cola_6566.html"><span style="font-weight: 400;">Taxe soda : l’addition salée de Coca-Cola</span></a><span style="font-weight: 400;">, 28 août 2026. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Selectra, </span><a href="https://selectra.info/assurance/actualites/marche/taxe-soda-bareme-coca-cola-combien-et-ou-va-argent"><span style="font-weight: 400;">Taxe soda : ce que l&rsquo;État prélève sur votre bouteille de Coca-Cola, et où part vraiment l&rsquo;argent</span></a><span style="font-weight: 400;">, 29 août 2026. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">France Info, </span><a href="https://www.franceinfo.fr/sante/alimentation/sucre-la-taxe-soda-fait-pschitt_7952207.html"><span style="font-weight: 400;">Sucre : la taxe soda fait « pschitt »</span></a><span style="font-weight: 400;">, 20 avril 2026. </span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p>L’article <a href="https://fiscalite-comportementale.org/taxe-soda-france-effets-2026/">Taxe soda : un an après la hausse, quels effets en France ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://fiscalite-comportementale.org">L&#039;Observatoire de la fiscalité comportementale</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tabac et nicotine : jusqu’où l’Europe peut-elle pousser le levier fiscal ?</title>
		<link>https://fiscalite-comportementale.org/tabac-et-nicotine-jusquou-leurope-peut-elle-pousser-le-levier-fiscal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[dev]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Sep 2026 09:00:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Fiscalité comportementale]]></category>
		<category><![CDATA[actualité - fiscalité comportementale]]></category>
		<category><![CDATA[normes]]></category>
		<category><![CDATA[Normes européennes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Union européenne veut renforcer la taxation du tabac et l’étendre aux nouveaux produits nicotinés, une réforme qui interroge l’efficacité réelle du signal-prix sur les comportements de consommation.</p>
<p>L’article <a href="https://fiscalite-comportementale.org/tabac-et-nicotine-jusquou-leurope-peut-elle-pousser-le-levier-fiscal/">Tabac et nicotine : jusqu’où l’Europe peut-elle pousser le levier fiscal ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://fiscalite-comportementale.org">L&#039;Observatoire de la fiscalité comportementale</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">L’UE veut relever les accises sur le tabac et taxer les nouveaux produits nicotinés. Une réforme qui pose la question de l’efficacité du signal-prix.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">L’Union européenne prépare une importante réforme de la taxation du tabac. La Commission européenne propose notamment d’augmenter de 139 % le niveau minimal des droits d’accise sur les cigarettes et d’introduire, pour la première fois, des niveaux minimaux communs pour les cigarettes électroniques, le tabac chauffé et les sachets de nicotine.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">L’objectif est clair : utiliser davantage le prix pour réduire la consommation, tout en harmonisant des fiscalités nationales devenues très différentes. Mais cette extension du levier fiscal à l’ensemble des produits nicotinés pose une question centrale de fiscalité comportementale : un signal-prix plus fort est-il nécessairement plus efficace ?</span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><b>Une fiscalité européenne devenue inadaptée</b></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Les </span><a href="https://cnct.fr/tabac-loi/tabac-et-dispositions-europeennes/"><span style="font-weight: 400;">règles européennes</span></a><span style="font-weight: 400;"> actuelles remontent à 2011 et ne prennent pas suffisamment en compte l’apparition de nouveaux modes de consommation de nicotine. Les États membres ont donc développé leurs propres systèmes de taxation, avec des écarts parfois importants entre pays et entre catégories de produits.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Le</span><a href="https://www.europarl.europa.eu/news/fr/agenda/plenary-news/2026-06-15/13/recommandations-relatives-a-de-nouvelles-taxes-sur-le-tabac-dans-l-ue"><span style="font-weight: 400;"> Parlement européen</span></a><span style="font-weight: 400;"> souligne également que l’inflation a progressivement réduit l’effet réel des minima fiscaux existants. La réforme vise donc autant à augmenter les prix qu’à rétablir une certaine cohérence entre États.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Cette volonté s’inscrit dans l’objectif européen d’une </span><a href="https://www.linfodurable.fr/une-proposition-de-loi-veut-creer-la-premiere-generation-sans-tabac-53415"><span style="font-weight: 400;">« génération sans tabac »</span></a><span style="font-weight: 400;">  d’ici 2040. Environ 24 % des Européens fument encore et près de 700 000 décès seraient chaque année liés au tabagisme dans l’Union.</span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><b>Taxer aussi les alternatives : quel signal pour le consommateur ?</b></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">La principale évolution concerne cependant les nouveaux produits. Vapes, tabac chauffé et sachets de nicotine seraient désormais intégrés à un cadre fiscal commun.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Sur le plan comportemental, ce choix n’est pas neutre. Une fiscalité différenciée peut orienter les consommateurs d’un produit vers un autre. À l’inverse, rapprocher fortement les niveaux de taxation peut réduire les écarts de prix qui participent aux arbitrages.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Or tous ces produits ne présentent pas les mêmes caractéristiques ni les mêmes niveaux de risque. En effet, une fiscalité comportementale ne devrait pas uniquement être évaluée par son niveau: elle devrait aussi être cohérente avec le comportement qu’elle cherche à encourager ou à décourager. C’est le paradoxe de la surtaxation. (</span><a href="https://fiscalite-comportementale.org/fiscalite-comportementale-paradoxe-surtaxation-tabac/"><span style="font-weight: 400;">Article de l&rsquo;observatoire de la fiscalité comportementale sur le paradoxe de la surtaxation)</span></a><span style="font-weight: 400;"> </span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><b>Le marché illicite comme limite du signal-prix</b></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">La Commission prévoit parallèlement d’étendre le système de traçabilité aux matières premières. Cette mesure montre que les institutions européennes identifient elles-mêmes une limite à la hausse des prix : le risque de contournement.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Lorsque les écarts deviennent importants, les consommateurs peuvent modifier non seulement leur consommation, mais aussi leur lieu ou leur circuit d’achat. Achats transfrontaliers, commerce parallèle ou produits non déclarés peuvent alors réduire l’efficacité sanitaire de la fiscalité.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Le projet reste pour l’heure en négociation. Après l’échec du Parlement européen à adopter une position formelle en juin 2026, la décision revient au Conseil de l’Union européenne, où l’unanimité des 27 États membres est nécessaire.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">L’enjeu sera donc moins de savoir si l’Europe doit taxer davantage que de déterminer comment hiérarchiser la fiscalité entre les produits pour envoyer un signal cohérent, compréhensible et suffisamment incitatif sans favoriser les comportements de contournement.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Sources :</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Public Sénat, </span><a href="https://www.publicsenat.fr/actualites/sante/budget-de-la-secu-la-taxe-soda-multipliee-par-trois-pour-certaines-boissons"><span style="font-weight: 400;">Budget de la Sécu : une « taxe soda » en très forte hausse pour certaines boissons</span></a><span style="font-weight: 400;"> , 17 février 2025.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Parlement européen, </span><a href="https://www.europarl.europa.eu/news/fr/agenda/plenary-news/2026-06-15/13/recommandations-relatives-a-de-nouvelles-taxes-sur-le-tabac-dans-l-ue"><span style="font-weight: 400;">« Recommandations relatives à de nouvelles taxes sur le tabac dans l’UE »,</span></a><span style="font-weight: 400;"> 11 juin 2026. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">VietnamPlus, </span><a href="https://www.vietnam.vn/fr/eu-de-xuat-tang-manh-thue-thuoc-la-siet-quan-ly-cac-san-pham-nicotine"><span style="font-weight: 400;">« L’UE propose une forte augmentation des taxes sur le tabac et une réglementation plus stricte des produits nicotinés »</span></a><span style="font-weight: 400;">, 17 août 2026.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Euronews / Yahoo Actualités, </span><a href="https://fr.news.yahoo.com/l-ue-ne-peut-interdire-095348025.html"><span style="font-weight: 400;">« L’UE ne peut pas interdire tabac et vapotage, mais elle peut alourdir les taxes »</span></a><span style="font-weight: 400;">, 19 août 2026.</span></p>
<p>L’article <a href="https://fiscalite-comportementale.org/tabac-et-nicotine-jusquou-leurope-peut-elle-pousser-le-levier-fiscal/">Tabac et nicotine : jusqu’où l’Europe peut-elle pousser le levier fiscal ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://fiscalite-comportementale.org">L&#039;Observatoire de la fiscalité comportementale</a>.</p>
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		<item>
		<title>Jean-Philippe Delsol : « La fiscalité comportementale doit être mise en œuvre d’une main tremblante »</title>
		<link>https://fiscalite-comportementale.org/jean-philippe-delsol-fiscalite-comportementale-droits-accise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[dev]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Sep 2026 08:14:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[actualité - fiscalité comportementale]]></category>
		<category><![CDATA[Point de vue]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 2022, Jean-Philippe Delsol proposait dans les colonnes de l’Observatoire de la fiscalité comportementale la création d’un « noci-score ». Inspiré du Nutri-Score, ce dispositif devait permettre de classer les produits selon leur dangerosité, de mieux informer les consommateurs et d’adapter leur taxation à leur niveau de risque. Dans une étude publiée en juin 2026 par l’Institut de recherches économiques et [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://fiscalite-comportementale.org/jean-philippe-delsol-fiscalite-comportementale-droits-accise/">Jean-Philippe Delsol : « La fiscalité comportementale doit être mise en œuvre d’une main tremblante »</a> est apparu en premier sur <a href="https://fiscalite-comportementale.org">L&#039;Observatoire de la fiscalité comportementale</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">En 2022, Jean-Philippe Delsol proposait dans les colonnes de </span><a href="https://fiscalite-comportementale.org/un-noci-score-jean-philippe-delsol/"><span style="font-weight: 400;">l’Observatoire de la fiscalité comportementale</span></a><span style="font-weight: 400;"> la création d’un « noci-score ». Inspiré du </span><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/nutrition-et-activite-physique/nutri-score"><span style="font-weight: 400;">Nutri-Score</span></a><span style="font-weight: 400;">, ce dispositif devait permettre de classer les produits selon leur dangerosité, de mieux informer les consommateurs et d’adapter leur taxation à leur niveau de risque.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Dans une </span><a href="https://fr.irefeurope.org/la-justification-incertaine-des-droits-daccise/"><span style="font-weight: 400;">étude publiée</span></a><span style="font-weight: 400;"> en juin 2026 par </span><a href="https://fr.irefeurope.org/"><span style="font-weight: 400;">l’Institut de recherches économiques et fiscales</span></a><span style="font-weight: 400;">, il prolonge cette réflexion en s’interrogeant sur la justification des droits d’accise. Selon lui, une taxation particulière ne devrait pas être déterminée de manière arbitraire, mais correspondre aux coûts réellement supportés par la collectivité.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Avocat, essayiste et président de l’IREF, Jean-Philippe Delsol revient pour l’Observatoire sur l’équilibre à trouver entre responsabilité individuelle, financement collectif des risques et respect des libertés.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>La fiscalité doit-elle taxer un produit parce qu’il est dangereux ou parce qu’il entraîne un coût pour la collectivité ?</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Si un produit est dangereux pour la collectivité, il peut être nécessaire de l’interdire. En revanche, lorsqu’il n’est dangereux que pour l’individu qui le consomme, sans que celui-ci devienne lui-même dangereux pour les autres, la question se pose différemment.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Chaque individu doit pouvoir décider du bien qu’il souhaite pour lui-même, à condition de ne pas faire de mal à autrui. Le rôle de l’État peut être d’informer les consommateurs sur les risques qu’ils prennent, notamment par des messages de prévention ou des campagnes d’information. Il ne doit pas leur interdire ou leur rendre financièrement inaccessible un comportement qui ne concerne qu’eux-mêmes.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">L’alcool permet d’illustrer cette distinction. Une personne qui consomme de l’alcool chez elle, sans mettre en danger son entourage, porte d’abord atteinte à sa propre santé. En revanche, si elle prend ensuite sa voiture, elle devient dangereuse pour les autres. L’intervention de l’État est alors justifiée pour empêcher et sanctionner</span> <span style="font-weight: 400;">la conduite en état d’ivresse.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">La frontière n’est pas toujours simple à tracer, car il n’est pas toujours possible de déterminer les cas mettant d’autres personnes en danger. Certains produits addictifs peuvent également placer leurs consommateurs dans une situation où ils ne contrôlent plus pleinement leurs comportements. Lorsqu’un produit conduit régulièrement à mettre les autres en danger, son interdiction peut être justifiée. C’est le cas des drogues.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Sous le bénéfice de ces observations, iI faut donc distinguer le dommage que l’individu peut s’infliger à lui-même du dommage qu’il peut faire subir aux autres.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Dans un système de santé mutualisé, un risque individuel ne devient-il pas malgré tout un coût collectif ?</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Lorsqu’un comportement entraîne des dépenses médicales supplémentaires, ces dépenses sont aujourd’hui prises en charge en France par un système public d’assurance maladie. Il n’est donc pas anormal que ceux qui prennent certains risques contribuent davantage au financement des coûts qu’ils génèrent.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Dans un système d’assurance privé, l’assureur pourrait décider de ne pas couvrir certains risques ou d’augmenter la prime demandée à l’assuré. Dans un système public, cette contribution supplémentaire peut prendre la forme d’une taxation. Dans les deux cas, l’idée est que la contribution soit proportionnée aux dépenses supplémentaires prises en charge par l’assurance.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Cette logique vaut notamment pour l’alcool et le tabac. Leur consommation peut entraîner des maladies nécessitant des soins longs et coûteux. Une taxation particulière ou une augmentation de cotisation</span> <span style="font-weight: 400;">peut donc être admise afin de financer ces dépenses supplémentaires.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Mais cette sur-taxation ne devrait être légitime qu’à concurrence du coût réellement généré. En dehors de ce surcoût, il n’y a pas de raison de taxer davantage un individu uniquement parce que l’État considère que son comportement n’est pas bon pour lui.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">C’est là que la question devient plus philosophique. L’État français tend parfois à vouloir définir le bien que les individus devraient rechercher. Or, le bien n’est pas nécessairement le même pour tous. Ce qui est bien reste du domaine personnel, intime. L’Etat peut, sous certaines réserves, dire ce qui est mal, pas ce qui est bien.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Certaines personnes consomment de l’alcool ou du tabac. D’autres pratiquent intensivement une activité sportive qui peut également user leur corps et entraîner, à terme, des dépenses médicales. Il ne s’agit évidemment pas de taxer chaque comportement comportant un risque. L’État n’a pas à définir à la place des individus la manière dont ils doivent conduire leur vie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Les droits d’accise actuels correspondent-ils réellement à la nocivité et aux coûts engendrés par les produits ?</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Aujourd’hui, les droits d’accise ne sont pas déterminés en fonction d’une véritable évaluation des coûts. Ils sont souvent appliqués de manière arbitraire et résultent de l’histoire, des choix politiques ou des besoins de financement de l’État.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">La fiscalité de l’alcool en est un exemple. Le vin est très peu taxé, tandis que la bière supporte des droits d’accise plus importants. Les spiritueux sont soumis à un niveau de taxation encore différent. Ces écarts ne correspondent pas nécessairement à une hiérarchie claire de la nocivité ou des coûts médicaux engendrés.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Dans mon étude sur les droits d’accise, Je rappelle qu’en plus de la TVA, les vins tranquilles étaient taxés en 2025 à 4,12 euros par hectolitre, tandis que les droits applicables aux bières pouvaient atteindre 8,10 euros par degré d’alcool et par hectolitre. Les spiritueux étaient, quant à eux, taxés à 1 899,18 euros par hectolitre d’alcool pur, auxquels pouvait s’ajouter une cotisation spécifique pour les boissons dépassant 18 degrés.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Ces différences rendent la fiscalité peu lisible. Elles peuvent notamment donner l’impression que l’État cherche davantage à obtenir des recettes qu’à répondre de manière cohérente à un objectif sanitaire.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">La TVA permet déjà de faire contribuer les consommateurs au financement général des dépenses publiques. Toute taxation supplémentaire devrait donc être spécialement justifiée par un surcoût engendré pour la collectivité. Ce principe pourrait s’appliquer au tabac, à l’alcool, aux carburants ou aux véhicules, à condition de mesurer les coûts de manière cohérente.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Vous contestez les méthodes utilisées pour évaluer le coût de l’alcool et du tabac. Pourquoi ?</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Les principales études disponibles ne se limitent pas aux dépenses directement supportées par les finances publiques. Elles calculent également un « coût social », en attribuant une valeur monétaire aux années de vie perdues en raison d’une consommation de tabac ou d’alcool.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="https://www.ofdt.fr/publication/2023/le-cout-social-des-drogues-estimation-en-france-en-2019-511"><span style="font-weight: 400;">L’étude publiée en 2023</span></a><span style="font-weight: 400;"> par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives estime ainsi le coût social du tabac à 156 milliards d’euros et celui de l’alcool à 102 milliards d’euros. Ces montants reposent en grande partie sur la valorisation des vies et des années de vie perdues.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Je conteste l’utilisation de ce calcul pour déterminer le niveau de taxation. La perte prématurée d’une personne jeune et active peut éventuellement être analysée comme une perte économique pour sa famille et pour la collectivité. Mais une grande partie des années de vie perdues en raison du tabac ou de l’alcool correspondent à des années situées autour ou au-delà de l’âge de la retraite.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Durant ces années, les personnes concernées auraient continué à percevoir une retraite et à consommer des soins. Il faut donc prendre en compte non seulement les retraites qui ne sont plus versées après un décès prématuré, mais également les dépenses médicales et les coûts liés à la perte d’autonomie qui auraient été supportés si ces personnes avaient vécu plus longtemps.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Selon les chiffres de l’Observatoire français des drogues, en </b><b>2019, les coûts annuels de prise en charge publics auraient été de 16, 439 Md€  pour le tabac et de 7, 848 Md€ pour l’alcool, l’économie sur les retraites aurait été de 2, 845 Md€ pour le tabac et 1, 256 M€ pour l’alcool, les coûts de prévention de 778 M€ pour le tabac et de 740 M€ pour l’alcool, tandis que la taxation du tabac aurait rapporté 13,100 Md€ et celle de l’alcool 4 Md Au total selon ce rapport, il y aurait donc, hors tout coût social chimérique (le prix factice des années perdues), une charge nette supportée par la collectivité publique de </b><span style="font-weight: 400;">1 273 M€</span><b> pour le tabac et de </b><span style="font-weight: 400;">3 332 M€</span><b> pour l’alcool.</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">J’ai retraité ces données en ajoutant les dépenses de santé et d’autonomie qui auraient été supportées durant les années de vie supplémentaires et j’ai pris en compte l’économie des dépenses liées au grand âge et évitées en cas de décès anticipé. À partir des hypothèses retenues dans mon étude, ces dépenses évitées représenteraient 4,94 milliards d’euros pour le tabac et 3,52 milliards pour l’alcool en matière de soins, auxquels s’ajouteraient 734 millions et 522 millions d’euros au titre de la prise en charge de la perte d’autonomie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Selon ce retraitement, les taxes spécifiques seraient supérieures aux coûts publics engendrés, avec un solde positif estimé à 4,4 milliards d’euros pour le tabac et à 710 millions d’euros pour l’alcool.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Ces calculs peuvent naturellement être débattus. Mais ils soulignent le caractère arbitraire des taxes supportés par ces produits et permettent de considérer qu’apparemment, les taxes sur l’alcool et le bac sont des aubaines pour l’Etat avant d’être des mesures sanitaires. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Votre proposition de noci-score est-elle toujours d’actualité ?</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Le noci-score présente d’abord l’avantage de donner un signal clair aux consommateurs. Comme le Nutri-Score dans les rayons des supermarchés, il permettrait de distinguer facilement les produits présentant un risque plus ou moins important.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">L’objectif n’est pas d’interdire, mais d’informer. Le consommateur pourrait ainsi apprécier directement le risque qu’il prend et décider en connaissance de cause.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Le noci-score pourrait également servir à rendre la fiscalité plus cohérente. La dangerosité d’un produit est liée au risque qu’il fait courir à la santé, mais également à l’intensité des soins et des dépenses susceptibles d’en découler. Le coût pour la collectivité pourrait donc être pris en compte parmi les éléments permettant de classer les produits.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Le noci-score aurait alors une double fonction : informer le consommateur et contribuer à déterminer le niveau de taxation. Il permettrait également de rendre cette taxation plus compréhensible, en établissant un lien entre le niveau de risque, le coût engendré et le taux appliqué.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Comme je le proposais déjà en 2022, l’évaluation pourrait être confiée à un comité d’experts indépendants, ouvert aux sciences médicales, humaines et sociales ainsi qu’aux parties prenantes. Ce comité serait chargé d’évaluer scientifiquement les risques, mais également les éventuels bénéfices des produits, avant de les classer selon leur niveau de dangerosité.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Une fiscalité élevée permet-elle toujours de modifier les comportements ?</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">La taxation ne change pas nécessairement les comportements, surtout lorsqu’une personne ne dispose pas d’une véritable alternative.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Un automobiliste vivant dans une zone rurale a besoin de sa voiture pour se déplacer. Une augmentation de la fiscalité ne le conduira pas forcément à cesser de l’utiliser. Elle peut simplement réduire son pouvoir d’achat.</span> <span style="font-weight: 400;">À moins qu’à défaut des moyens de supporter ces taxes, il soit empêché de circuler malgré lui.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">La voiture présente des risques et génère des accidents, mais elle rend également un service essentiel en permettant aux personnes de circuler, d’échanger et de travailler. Le rôle de l’État est d’organiser la circulation et de réduire les risques, par exemple à travers le permis de conduire et les règles de sécurité. La taxation n’est pas toujours le moyen le plus adapté.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Le même phénomène peut être observé pour le tabac. Lorsque les prix deviennent trop élevés, certains consommateurs ne cessent pas nécessairement de fumer. Ils peuvent acheter des cigarettes à l’étranger, se tourner vers des marchés parallèles ou acheter des produits dont la qualité est moins contrôlée.</span> <span style="font-weight: 400;">L’Australie qui est le champion du monde de la lutte contre le tabac a triplé les taxes sur le tabac en dix ans et a multiplié les interdictions. Résultat : le marché noir y a explosé presque ouvertement. De même la France subit une baisse de 25% de ses droits d’accise sur le tabac au 1er trimestre 2026 par rapport à l’année précédente due pour l’essentiel à une hausse des achats au noir, notamment hors frontière.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><i><span style="font-weight: 400;">Une</span></i><span style="font-weight: 400;"> fiscalité excessive peut donc devenir contre-productive et favorise des attitudes frauduleuses. L’État perd des recettes, tandis que le consommateur peut s’exposer à des produits davantage susceptibles d’être frelatés.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Toute taxation constitue une entrave aux libertés. Entraver les libertés, c’est entraver la vie et le dynamisme d’une société, mais également sa capacité à se développer. Il faut donc savoir garder la mesure. La fiscalité comportementale doit toujours être mise en œuvre « d’une main tremblante », c’est-à-dire avec beaucoup de réflexion et après des études approfondies. Elle doit aussi rester équitable.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>J</b><b>ean-Philippe Delsol</b></p>
<p style="text-align: justify;"><b><br />
</b><span style="font-weight: 400;">Avocat, essayiste et président de l’Institut de recherches économiques et fiscales.</span></p>
<p>L’article <a href="https://fiscalite-comportementale.org/jean-philippe-delsol-fiscalite-comportementale-droits-accise/">Jean-Philippe Delsol : « La fiscalité comportementale doit être mise en œuvre d’une main tremblante »</a> est apparu en premier sur <a href="https://fiscalite-comportementale.org">L&#039;Observatoire de la fiscalité comportementale</a>.</p>
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		<title>Logements vacants à Paris : anatomie comportementale d&#8217;une surtaxe</title>
		<link>https://fiscalite-comportementale.org/taxe-logements-vacants-paris-analyse-comportementale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[dev]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jul 2026 08:20:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Fiscalité comportementale]]></category>
		<category><![CDATA[actualité - fiscalité comportementale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 17 juillet 2026, le Conseil de Paris a activé le taux plafond de la nouvelle taxe sur la vacance des locaux d&#8217;habitation. Un dispositif fiscal conçu non pour lever des recettes, mais pour modifier un comportement : celui des propriétaires qui laissent un logement vide. 1. Le dispositif La délibération parisienne s&#8217;inscrit dans une [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://fiscalite-comportementale.org/taxe-logements-vacants-paris-analyse-comportementale/">Logements vacants à Paris : anatomie comportementale d&rsquo;une surtaxe</a> est apparu en premier sur <a href="https://fiscalite-comportementale.org">L&#039;Observatoire de la fiscalité comportementale</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Le 17 juillet 2026, le Conseil de Paris a activé le taux plafond de </b><a href="https://www.paris.fr/pages/logements-vacants-la-ville-de-paris-adopte-une-surtaxe-pour-remettre-20-000-biens-sur-le-marche-35790" target="_blank" rel="noopener"><b>la nouvelle taxe sur la vacance des locaux d&rsquo;habitation</b></a><b>. Un dispositif fiscal conçu non pour lever des recettes, mais pour modifier un comportement : celui des propriétaires qui laissent un logement vide.</b></p>
<h3><b>1. Le dispositif</b></h3>
<p><span style="font-weight: 400;">La délibération parisienne s&rsquo;inscrit dans une réforme nationale. La loi de finances pour 2026 crée, au 1er janvier 2027, une </span><b>taxe sur la vacance des locaux d&rsquo;habitation (TVLH)</b><span style="font-weight: 400;">, qui se substitue à la taxe annuelle sur les logements vacants (TLV, en vigueur depuis 1999) et à la taxe d&rsquo;habitation sur les logements vacants (THLV). Deux nouveautés : le produit est versé directement aux communes, et celles-ci disposent d&rsquo;une marge de modulation des taux.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le fait générateur est simple : un logement vacant depuis au moins un an, dans une commune où l&rsquo;offre ne suffit pas à répondre à la demande, devient imposable. L&rsquo;assiette repose sur la valeur locative cadastrale, sans abattement.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La loi fixe des taux par défaut de </span><b>17 % la première année, puis 34 % ensuite</b><span style="font-weight: 400;">, avec possibilité de les porter à </span><b>30 % et 60 %</b><span style="font-weight: 400;">. C&rsquo;est cette option maximale que Paris a retenue.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour un studio de 30 m² dans le 17e arrondissement, la Ville chiffre le passage de ≈790 € avant réforme à </span><b>1 400 € en 2027, puis 2 800 € à partir de 2028</b><span style="font-weight: 400;">. La structure est essentielle : le coût de la vacance double d&rsquo;une année sur l&rsquo;autre.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les exonérations existantes sont maintenues pour la vacance subie, procédure judiciaire, succession, travaux lourds, bien mis en vente au prix du marché sans preneur sous réserve d&rsquo;</span><a href="https://www.impots.gouv.fr/vous-etes-proprietaire-remplissez-vos-obligations-declaratives-avec-le-service-gerer-mes-biens-0" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">une déclaration via « Gérer mes biens immobiliers »</span></a><span style="font-weight: 400;">. La Ville annonce parallèlement </span><a href="https://www.paris.fr/pages/un-logement-vacant-la-ville-de-paris-vous-accompagne-pour-le-remettre-en-location-35571" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">des dispositifs d&rsquo;aide</span></a><span style="font-weight: 400;"> (travaux, garanties locatives) pour les propriétaires souhaitant remettre leur bien sur le marché.</span></p>
<h3><b>2. L&rsquo;état du débat</b></h3>
<p><b>La majorité municipale.</b><span style="font-weight: 400;"> Jacques Baudrier, adjoint au Logement, parle d&rsquo;une « victoire historique après dix ans de bataille » et avance trois objectifs : remettre 20 000 logements sur le marché, décourager l&rsquo;optimisation déclarative consistant à déclarer une résidence secondaire comme vacante, et enrayer la baisse du nombre de résidences principales, donc de la population parisienne.</span></p>
<p><b>L&rsquo;opposition municipale</b><span style="font-weight: 400;"> conteste sur deux registres. Sur les taux, Grégory Canal (Paris Liberté) estime que la mesure ne servira à rien et y voit un matraquage fiscal plutôt qu&rsquo;une incitation, la moyenne prévue par la loi étant de 17 %. L&rsquo;argument est structurellement comportemental. Sur les statistiques, elle conteste le décompte, une part des logements comptabilisés étant selon elle en travaux, en succession ou en procédure.</span></p>
<p><b>Les organisations de propriétaires.</b><span style="font-weight: 400;"> La FNAIM soutient que la fiscalité sur la vacance ne peut régler seule la pénurie. L&rsquo;UNPI critique une logique où la propriété devient variable d&rsquo;ajustement budgétaire, en pointant les propriétaires modestes sans trésorerie pour financer des travaux.</span></p>
<p><b>La Cour des comptes</b><span style="font-weight: 400;"> (</span><a href="https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2025-05/20250522-S2025-0608-Lutte-contre-logements-vacants-dans-le-parc-prive.pdf" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">rapport du 22 mai 2025</span></a><span style="font-weight: 400;">) fournit la référence la plus solide du débat. Elle distingue la vacance </span><b>frictionnelle</b><span style="font-weight: 400;"> (rotation normale du marché) de la vacance </span><b>structurelle</b><span style="font-weight: 400;"> (inoccupation prolongée). Ses constats : en zone tendue, seuls 118 330 logements étaient vacants depuis plus de deux ans en 2022 ; à Paris, sur ≈128 000 logements considérés comme vacants, </span><b>18 600 seulement l&rsquo;étaient depuis plus de deux ans</b><span style="font-weight: 400;"> (1,3 % du parc privé). Une étude du ministère de la Transition écologique estime que </span><b>70 % de la vacance longue relève de déterminants sur lesquels la fiscalité a peu de prise</b><span style="font-weight: 400;"> : géographie, obsolescence du bâti, ou situation du propriétaire (hospitalisation, EHPAD, blocage successoral). Les inspections générales concluent que les effets incitatifs de la TLV et de la THLV ne sont pas démontrés, la Cour reconnaissant toutefois que des travaux économétriques récents identifient une corrélation avec une baisse du taux de vacance dans certains secteurs.</span></p>
<p><b>Le débat sur les chiffres</b><span style="font-weight: 400;"> est le point le plus instable du dossier :</span></p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td><b>Source</b></td>
<td><b>Chiffre</b></td>
<td><b>Périmètre</b></td>
</tr>
<tr>
<td><span style="font-weight: 400;">INSEE (cité par la Ville)</span></td>
<td><span style="font-weight: 400;">139 075</span></td>
<td><span style="font-weight: 400;">Vacants, hors résidences secondaires (≈10 % du parc)</span></td>
</tr>
<tr>
<td><span style="font-weight: 400;">Cour des comptes</span></td>
<td><span style="font-weight: 400;">128 000</span></td>
<td><span style="font-weight: 400;">Vacants, dont 18 600 depuis plus de 2 ans</span></td>
</tr>
<tr>
<td><span style="font-weight: 400;">APUR (2020)</span></td>
<td><span style="font-weight: 400;">262 000</span></td>
<td><b>Inoccupés</b><span style="font-weight: 400;"> — périmètre plus large</span></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><span style="font-weight: 400;">Le passage d&rsquo;un stock affiché de 139 000 logements à un objectif de 20 000 n&rsquo;est jamais explicité méthodologiquement. Si l&rsquo;objectif était atteint, l&rsquo;augmentation d&rsquo;offre représenterait ≈1,4 % d&rsquo;un parc parisien de 1,4 million de logements.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À l’échelle du parc parisien, cet apport resterait limité. Son effet sur les loyers et les prix dépendra toutefois de la nature, de la localisation et du calendrier de remise sur le marché des logements concernés.</span></p>
<h3><b>3. Analyse comportementale</b></h3>
<h4><b>Le comportement ciblé</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Le dispositif ne vise pas un comportement unique mais un ensemble hétérogène regroupé sous une même observable : le logement vide. Un signal-prix uniforme s&rsquo;applique ainsi à des motivations très différentes :</span></p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td><b>Comportement</b></td>
<td><b>Ressort</b></td>
<td><b>Hypothèses Sensibilité au signal fiscal</b></td>
</tr>
<tr>
<td><span style="font-weight: 400;">Rétention spéculative</span></td>
<td><span style="font-weight: 400;">Plus-value anticipée &gt; coût de portage</span></td>
<td><b>Élevée</b></td>
</tr>
<tr>
<td><span style="font-weight: 400;">Contournement déclaratif</span></td>
<td><span style="font-weight: 400;">Optimisation fiscale</span></td>
<td><b>Élevée</b></td>
</tr>
<tr>
<td><span style="font-weight: 400;">Inertie</span></td>
<td><span style="font-weight: 400;">Coût cognitif, aversion au risque locatif</span></td>
<td><b>Moyenne</b></td>
</tr>
<tr>
<td><span style="font-weight: 400;">Vacance subie</span></td>
<td><span style="font-weight: 400;">Contrainte externe</span></td>
<td><b>Faible ou nulle</b></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;estimation des 70 %</span><span style="font-weight: 400;"> suggère que la dernière catégorie est probablement la plus nombreuse, principal facteur limitant, et explication vraisemblable de l&rsquo;écart entre le stock affiché et l&rsquo;objectif.</span></p>
<h4><b>Les leviers mobilisés</b></h4>
<p><b>Le coût de portage</b><span style="font-weight: 400;"> réduit l&rsquo;écart de rentabilité entre détention passive et mise en location ; pour un propriétaire spéculatif, la taxe érode l&rsquo;espérance de plus-value.</span></p>
<p><b>La progressivité temporelle</b><span style="font-weight: 400;"> relève d&rsquo;une architecture d&rsquo;escalade de sanction. Elle crée une fenêtre de décision explicite et exploite l&rsquo;aversion aux pertes anticipées. Le choix de design est notable : le dispositif ne cherche pas seulement à rendre coûteuse la vacance, mais aussi l&rsquo;</span><b>attente</b><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<p><b>Le signal-plafond</b><span style="font-weight: 400;"> communique une orientation politique durable, susceptible de modifier les anticipations sur l&rsquo;évolution future de la fiscalité locale, et donc de déclencher un ajustement plus précoce que ne le justifierait le seul coût courant.</span></p>
<p><b>La saillance déclarative</b><span style="font-weight: 400;"> : le passage par le portail fiscal transforme un comportement passif en acte déclaratif, ce qui documente le phénomène et rend le statut du bien mentalement saillant pour son propriétaire.</span></p>
<p><b>L&rsquo;appariement incitation / accompagnement</b><span style="font-weight: 400;"> relève d&rsquo;une logique bien identifiée : une sanction déplace un arbitrage mais ne lève pas les frictions pratiques. Un propriétaire dissuadé de laisser son bien vide mais incapable de le rénover reste bloqué. L&rsquo;efficacité dépendra probablement autant du dimensionnement du volet facilitateur que du niveau des taux.</span></p>
<h4><b>Les effets non intentionnels envisageables</b></h4>
<p><b>Le report plutôt que la conversion.</b><span style="font-weight: 400;"> La taxe pénalise la vacance </span><i><span style="font-weight: 400;">déclarée</span></i><span style="font-weight: 400;">. Elle peut encourager une requalification du bien (résidence secondaire, meublé touristique, occupation nominale) plutôt qu&rsquo;une mise en location durable. La Ville anticipe partiellement ce risque en envisageant un durcissement parallèle sur les résidences secondaires : reconnaissance implicite que l&rsquo;efficacité dépend de la fermeture simultanée des voies de substitution.</span></p>
<p><b>L&rsquo;incidence sur les propriétaires contraints.</b><span style="font-weight: 400;"> Les exonérations existent, mais leur activation suppose une démarche déclarative, donc un accès à l&rsquo;information inégalement réparti. Le risque est celui d&rsquo;un dispositif dont l&rsquo;incidence effective se déplace vers les propriétaires les moins outillés, précisément ceux dont le comportement est le moins modifiable.</span></p>
<p><b>La tension acceptabilité / intensité.</b><span style="font-weight: 400;"> L&rsquo;efficacité d&rsquo;un signal-prix ne croît pas linéairement avec son intensité : au-delà d&rsquo;un seuil de perception d&rsquo;injustice, une taxe peut susciter des stratégies d&rsquo;évitement plutôt que la conformité recherchée. Le taux plafond maximise le signal économique mais expose davantage à ce risque, sans qu&rsquo;aucune donnée disponible ne permette de trancher.</span></p>
<h4><b>Ce que l&rsquo;évaluation devra mesurer</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Une évaluation rigoureuse supposerait de distinguer plusieurs indicateurs que la communication publique tend à confondre : l&rsquo;évolution du stock déclaré (sensible aux requalifications, donc mauvais indicateur isolé) ; le flux de sorties vers la location longue durée spécifiquement ; le taux de recours aux exonérations, révélateur de la part réelle de vacance subie ; le recours aux dispositifs d&rsquo;accompagnement ; et le rendement budgétaire, dont la relation à l&rsquo;objectif est inverse : une taxe comportementale pleinement efficace rapporte, à terme, peu.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce dernier point mérite attention : le versement du produit aux communes crée une structure d&rsquo;incitation ambivalente, </span><b>la réussite du dispositif supprimant sa propre base fiscale</b><span style="font-weight: 400;">. Configuration classique d’une taxe à finalité comportementale, dont l’efficacité réduit progressivement la base taxable.</span></p>
<h3><b>En résumé</b></h3>
<p><span style="font-weight: 400;">La surtaxe parisienne est un cas d&rsquo;école de fiscalité comportementale : un prélèvement dont l&rsquo;objectif affiché n&rsquo;est pas le rendement mais la modification d&rsquo;un comportement, doté d&rsquo;une architecture progressive et couplé à un volet d&rsquo;accompagnement.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Son incertitude principale n&rsquo;est pas le niveau des taux mais la </span><b>composition de la population ciblée</b><span style="font-weight: 400;">. Si la vacance parisienne relève majoritairement de comportements discrétionnaires, le signal-prix devrait produire des effets mesurables. Si elle relève de contraintes externes, comme le suggèrent la Cour des comptes et le ministère de la Transition écologique, l&rsquo;instrument atteindra rapidement une limite structurelle, quel que soit son taux.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;écart entre les 139 000 logements affichés et les 20 000 visés est à cet égard l&rsquo;information la plus significative : il indique que la Ville intègre elle-même cette limite. Reste à savoir si ce chiffre constitue une estimation de la vacance réellement mobilisable, ou un objectif politique dont le fondement méthodologique reste à documenter.</span></p>
<h5><b>Sources principales</b></h5>
<p><span style="font-weight: 400;">Ville de Paris (18/07/2026) · Cour des comptes, </span><i><span style="font-weight: 400;">La lutte contre les logements vacants dans le parc privé</span></i><span style="font-weight: 400;">, 22/05/2025 · INSEE, recensement · Loi de finances 2026 (TVLH) · Séance des 16-18 juillet 2026 du Conseil de Paris · FNAIM, UNPI, CNL.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://fiscalite-comportementale.org/taxe-logements-vacants-paris-analyse-comportementale/">Logements vacants à Paris : anatomie comportementale d&rsquo;une surtaxe</a> est apparu en premier sur <a href="https://fiscalite-comportementale.org">L&#039;Observatoire de la fiscalité comportementale</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Fiscalité comportementale : le paradoxe de la surtaxation</title>
		<link>https://fiscalite-comportementale.org/fiscalite-comportementale-paradoxe-surtaxation-tabac/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[dev]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2026 12:17:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[actualité - fiscalité comportementale]]></category>
		<category><![CDATA[Point de vue]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://fiscalite-comportementale.org/?p=5418</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour Patrick Coquart, la fiscalité comportementale ne peut être efficace que si elle reste cohérente, lisible et proportionnée à l’objectif poursuivi. À travers l’exemple du tabac, il alerte sur les limites d’une fiscalité devenue si lourde qu’elle risque moins de modifier les comportements que de nourrir les marchés parallèles. Point de vue : Patrick Coquart [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://fiscalite-comportementale.org/fiscalite-comportementale-paradoxe-surtaxation-tabac/">Fiscalité comportementale : le paradoxe de la surtaxation</a> est apparu en premier sur <a href="https://fiscalite-comportementale.org">L&#039;Observatoire de la fiscalité comportementale</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Pour Patrick Coquart, la fiscalité comportementale ne peut être efficace que si elle reste cohérente, lisible et proportionnée à l’objectif poursuivi. À travers l’exemple du tabac, il alerte sur les limites d’une fiscalité devenue si lourde qu’elle risque moins de modifier les comportements que de nourrir les marchés parallèles.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Point de vue : Patrick Coquart</b></p>
<p style="text-align: justify;"><b>La fiscalité comportementale repose sur une idée simple</b><span style="font-weight: 400;"> : utiliser l’impôt pour orienter les comportements et, accessoirement, financer l’action publique . En matière de santé publique, cette logique est régulièrement mobilisée pour justifier la hausse des taxes sur les produits jugés nocifs, en particulier le tabac, l’alcool ou les boissons sucrées.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Sur le principe, l’objectif peut sembler légitime. Si certains comportements engendrent des coûts pour la collectivité, il n’est pas absurde que la fiscalité cherche à les prendre en compte. Mais encore faut-il que cette fiscalité soit cohérente, compréhensible et réellement efficace.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">L’exemple du tabac illustre bien les limites du modèle actuel. En France, les taxes représentent aujourd’hui l’essentiel du prix d’un paquet de cigarettes. Pour un paquet vendu 13,50 euros, plus de 11 euros correspondent à des taxes diverses. La fiscalité atteint ainsi un niveau particulièrement élevé, au point de représenter plusieurs fois le prix hors taxe du produit.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Pourtant, cette pression fiscale ne suffit pas à expliquer à elle seule l’évolution du tabagisme. Le prix du paquet a fortement augmenté depuis le début des années 2000, mais la proportion de fumeurs adultes n’a pas diminué dans les mêmes proportions. Le tabagisme reste notamment très présent parmi les catégories sociales les plus fragiles, celles-là mêmes que l’on suppose pourtant les plus sensibles à la hausse des prix.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">C’est là toute l’ambiguïté de la fiscalité comportementale : lorsqu’elle est trop élevée, elle peut finir par produire d’autres comportements que ceux recherchés. Au lieu d’inciter uniquement à l’arrêt du tabac, elle peut encourager les achats transfrontaliers, les circuits parallèles ou la contrefaçon. Autrement dit, le consommateur ne cesse pas forcément de fumer ; il cherche parfois simplement à acheter ailleurs ou autrement.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Cette situation pose une question de fond : l’efficacité des taxes comportementales n’est pas finalement jugée en fonction de son rendement budgétaire plutôt qu’au regard de sa capacité réelle à modifier les comportements ? Si elle est efficace, ses recettes devraient progressivement diminuer. Si, au contraire, elle devient une ressource durable pour l’État, le risque est qu’elle soit perçue comme une taxe de rendement davantage que comme un véritable outil de santé publique.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Pour retrouver du sens, la fiscalité comportementale devrait être plus claire et plus proportionnée. Elle devrait envoyer un signal compréhensible : plus un produit est nocif, plus il est taxé. À l’inverse, les produits présentant des risques moindres ne devraient pas être traités fiscalement comme les plus dangereux. Dans le cas du tabac, cela implique de tenir compte des différences entre les produits brûlés, comme la cigarette, et les produits dont le niveau de risque est établi comme inférieur qui ne devraient pas être traités fiscalement comme les produits les plus nocifs.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">L’enjeu n’est donc pas de renoncer à toute fiscalité comportementale. Il est de la rendre plus cohérente avec les objectifs qu’elle prétend poursuivre. Une fiscalité qui veut changer les comportements doit d’abord être lisible, crédible et orientée vers les résultats. À défaut, elle risque de devenir contre productive : moins un outil de santé publique qu’un mécanisme de prélèvement supplémentaire, avec des effets de contournement difficiles à maîtriser.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">C’est peut-être le principal paradoxe de cette fiscalité : pensée pour responsabiliser les consommateurs, elle peut, lorsqu’elle est excessive ou incohérente, les pousser vers l’évitement fiscal et les marchés parallèles. Un résultat comportemental dont il est difficile de se satisfaire.</span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>L&#8217;élargissement aux produits manufacturés de la taxe carbone aux frontières</title>
		<link>https://fiscalite-comportementale.org/taxe-carbone-aux-frontieres-produits-manufactures/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[dev]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jun 2026 13:29:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[actualité - fiscalité comportementale]]></category>
		<category><![CDATA[actualité - normes européennes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Conseil européen a décidé d&#8217;élargir la taxe carbone aux frontières pour inclure les produits manufacturés. Cette mesure vise à réduire les émissions de CO2 en Europe en taxant les importations selon leur empreinte carbone. Elle pourrait générer des recettes significatives et influencer les pratiques industrielles mondiales. Cet article explore les implications économiques et environnementales [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><i><span style="font-weight: 400;">Le Conseil européen a décidé d&rsquo;élargir la taxe carbone aux frontières pour inclure les produits manufacturés. Cette mesure vise à réduire les émissions de CO2 en Europe en taxant les importations selon leur empreinte carbone. Elle pourrait générer des recettes significatives et influencer les pratiques industrielles mondiales. Cet article explore les implications économiques et environnementales de cette décision.</span></i></p>
<h2><b>Contexte et objectifs de la taxe carbone aux frontières</b></h2>
<p><b>Contexte de la décision européenne</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La taxe carbone aux frontières est un mécanisme destiné à éviter les fuites de carbone en taxant les importations en fonction de leur empreinte carbone. Cette initiative vise à protéger les industries européennes soumises à des réglementations environnementales strictes.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;élargissement de cette taxe aux produits manufacturés, décidé par le </span><a href="https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2026/06/12/council-moves-to-strengthen-the-eu-s-carbon-border-adjustment-mechanism/?__cf_chl_tk=wW2.9eQ2pHeOeAylvNGTvgDJTB47johKU4wz38ON7M4-1781572667-1.0.1.1-WFMr4_b7Q36b2S80qrqvXm_XVsx3tCUyzz5KGJgu5gU&amp;utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Conseil européen</span></a><span style="font-weight: 400;">, s&rsquo;inscrit dans une stratégie plus large de l&rsquo;Union européenne pour atteindre ses objectifs climatiques. Cette décision intervient dans un contexte de pression internationale croissante pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.</span></p>
<p><b>Objectifs économiques et environnementaux</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;objectif principal de l&rsquo;élargissement de la taxe carbone est de réduire les émissions globales de CO2 en incitant les pays exportateurs à adopter des pratiques de production plus durables. En taxant les produits manufacturés importés, l&rsquo;Europe espère encourager une transition vers des technologies plus propres.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">D&rsquo;un point de vue économique, cette taxe pourrait également générer des recettes importantes pour financer la transition énergétique de l&rsquo;Union européenne. Elle vise à créer un terrain de jeu équitable pour les entreprises européennes qui investissent dans des technologies vertes.</span></p>
<h2><b>Implications pour les industries et le commerce international</b></h2>
<p><b>Impact sur les industries européennes</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les industries européennes pourraient bénéficier de cette mesure, car elle réduit le risque de concurrence déloyale de la part de producteurs étrangers soumis à des normes environnementales moins strictes. Cela pourrait stimuler l&rsquo;innovation et l&rsquo;investissement dans des technologies propres.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Toutefois, certaines industries pourraient également faire face à des coûts accrus si elles dépendent fortement des importations de produits manufacturés. L&rsquo;impact variera selon les secteurs et leur capacité à s&rsquo;adapter aux nouvelles exigences.</span></p>
<p><b>Répercussions sur le commerce international</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;élargissement de la taxe carbone pourrait avoir des répercussions significatives sur le commerce international. Les pays exportateurs vers l&rsquo;Europe devront ajuster leurs pratiques de production pour éviter des coûts supplémentaires, ce qui pourrait entraîner des tensions commerciales.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cependant, cette mesure pourrait également encourager une harmonisation des normes environnementales à l&rsquo;échelle mondiale, incitant d&rsquo;autres régions à adopter des politiques similaires pour rester compétitives sur le marché européen.</span></p>
<h2><b>Perspectives et défis futurs</b></h2>
<p><b>Perspectives d&rsquo;évolution de la taxe carbone</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À l&rsquo;avenir, la taxe carbone aux frontières pourrait être étendue à d&rsquo;autres secteurs et produits, en fonction des résultats obtenus avec les produits manufacturés. L&rsquo;Union européenne pourrait également collaborer avec d&rsquo;autres régions pour développer des systèmes similaires.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette mesure s&rsquo;inscrit dans un cadre plus large de politiques climatiques visant à atteindre la neutralité carbone d&rsquo;ici 2050. Elle pourrait servir de modèle pour d&rsquo;autres initiatives internationales visant à réduire les émissions de CO2.</span></p>
<p><b>Défis à relever</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;un des principaux défis sera de garantir que la taxe carbone ne crée pas de nouvelles barrières commerciales injustes. Il sera crucial de développer des méthodes transparentes pour calculer l&#8217;empreinte carbone des produits importés.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En conclusion, l&rsquo;élargissement de la taxe carbone aux frontières représente une étape importante vers une économie plus durable. Cependant, sa mise en œuvre nécessitera une coordination internationale et des ajustements pour éviter des impacts négatifs sur le commerce mondial.</span></p>
<h3><b>Sources</b></h3>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">Classe Export &#8211; taxe carbone &#8211; 23/06/2026 &#8211; </span><a href="https://news.google.com/rss/articles/CBMi6gFBVV95cUxOQV85Z0R5cXdKck0wNnl4NDFZQy1pd0NCeUFKbHU1VW9PSEdjbkdiR2h4VjRtNXloQVkyS21BRUN6d0wzbFp2b1hmVHpqRXg0NE55Slp6YWRFLUhwcWhqQUtCTFBfM1dBYXhWbTg0VDI5TnhJVEY4NlZhOVBONjJ1eDF3SUltV3lSQk5YQkJuUW5YZGMtYlJyejJKN2RBOGduV3pzMXdsRUNTWW01NnFYV3lZaDJzc0FqamNzZ2lzZnh4b1NvSk84SzZRckxwOGxuTHFrM0hTWjB3VjR5SExoLUVDWDI2SHdxbHc?oc=5" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Taxe carbone aux frontières : le Conseil européen décide l&rsquo;élargissement aux produits manufacturés &#8211; Classe Export</span></a></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">Conseil européen &#8211; 17/06/2026 &#8211; </span><a href="https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2026/06/12/council-moves-to-strengthen-the-eu-s-carbon-border-adjustment-mechanism/?__cf_chl_tk=wW2.9eQ2pHeOeAylvNGTvgDJTB47johKU4wz38ON7M4-1781572667-1.0.1.1-WFMr4_b7Q36b2S80qrqvXm_XVsx3tCUyzz5KGJgu5gU&amp;utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Le Conseil prend des mesures pour renforcer le mécanisme d&rsquo;ajustement carbone aux frontières de l&rsquo;UE</span></a></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">Le 360 &#8211; taxe carbone &#8211; 17/06/2026 &#8211; </span><a href="https://fr.le360.ma/economie/taxe-carbone-europeenne-le-secteur-bancaire-marocain-egalement-concerne_JBGTN3Z4YZA6RCRZ64GEOHI22Q/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Taxe carbone européenne: le secteur bancaire marocain également concerné &#8211; Le360</span></a></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">L’Opinion &#8211; 22/06/2026 &#8211; </span><a href="https://www.lopinion.fr/politique/dominique-de-villepin-il-faudra-revenir-a-une-taxe-carbone" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Dominique de Villepin : « Il faudra revenir à une taxe carbone » &#8211; l&rsquo;Opinion</span></a></li>
</ul>
<p>L’article <a href="https://fiscalite-comportementale.org/taxe-carbone-aux-frontieres-produits-manufactures/">L&rsquo;élargissement aux produits manufacturés de la taxe carbone aux frontières</a> est apparu en premier sur <a href="https://fiscalite-comportementale.org">L&#039;Observatoire de la fiscalité comportementale</a>.</p>
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		<item>
		<title>Droits d’accise : quand la fiscalité comportementale dépasse le coût réel des externalités</title>
		<link>https://fiscalite-comportementale.org/droits-daccise-quand-la-fiscalite-comportementale-depasse-le-cout-reel-des-externalites/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[dev]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 12:30:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Fiscalité comportementale]]></category>
		<category><![CDATA[actualité - fiscalité comportementale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les droits d’accise sont souvent présentés comme des instruments de fiscalité comportementale. En taxant certains produits jugés nocifs pour la santé ou l’environnement, carburants, énergie, alcool, tabac, l’État entend modifier les comportements, réduire certaines consommations et faire supporter aux consommateurs une partie du coût collectif qu’ils engendrent. Mais cette justification repose sur une condition essentielle [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://fiscalite-comportementale.org/droits-daccise-quand-la-fiscalite-comportementale-depasse-le-cout-reel-des-externalites/">Droits d’accise : quand la fiscalité comportementale dépasse le coût réel des externalités</a> est apparu en premier sur <a href="https://fiscalite-comportementale.org">L&#039;Observatoire de la fiscalité comportementale</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Les droits d’accise sont souvent présentés comme des instruments de fiscalité comportementale. En taxant certains produits jugés nocifs pour la santé ou l’environnement, carburants, énergie, alcool, tabac, l’État entend modifier les comportements, réduire certaines consommations et faire supporter aux consommateurs une partie du coût collectif qu’ils engendrent.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais cette justification repose sur une condition essentielle : le montant de la taxe doit être proportionné au coût réel des externalités. Autrement dit, si une consommation entraîne un coût pour la collectivité, la fiscalité peut chercher à l’intégrer dans le prix payé par le consommateur. En revanche, si la taxe dépasse largement ce coût, elle cesse d’être seulement incitative ou compensatoire. Elle devient alors une fiscalité de rendement.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est l’un des points centraux soulevés par l’IREF dans sa note consacrée aux droits d’accise : ces taxes sont aujourd’hui justifiées au nom de la santé publique ou de l’environnement, mais les externalités qu’elles prétendent compenser sont souvent mal évaluées. Dans certains cas, les taxes apparaissent même supérieures aux coûts publics réellement engendrés.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Selon l’IREF, le problème n’est donc pas seulement le niveau élevé des accises, mais leur justification même : elles devraient être proportionnées au coût réel des externalités qu’elles prétendent corriger, alors que ces coûts sont souvent mal évalués et que les montants prélevés peuvent leur être supérieurs.</span></p>
<h2><b>Des taxes sur la quantité consommée</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Les droits d’accise se distinguent d’autres impôts par leur mode de calcul. Contrairement à la TVA, qui porte sur la valeur d’un bien ou d’un service, ils s’appliquent généralement à une quantité consommée : litres d’essence, hectolitres d’alcool, poids de tabac ou kilowattheures consommés.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette logique permet à l’État d’associer directement une taxe à un usage : rouler, fumer, consommer de l’alcool ou utiliser de l’énergie. Elle peut donc, en théorie, répondre à une logique comportementale : plus la consommation est importante, plus la contribution fiscale augmente.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais cette logique soulève une difficulté. Pour être légitime, une accise ne devrait pas seulement pénaliser une consommation jugée indésirable. Elle devrait être calculée en fonction du coût que cette consommation fait réellement supporter à la collectivité : pollution, dépenses de santé, nuisances pour autrui ou coût environnemental.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Or c’est précisément ce lien entre taxe et externalité qui est contesté.</span></p>
<h2><b>Le problème central : des externalités mal évaluées</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Une fiscalité comportementale cohérente suppose d’identifier précisément le dommage qu’elle cherche à corriger. Dans le cas du tabac, de l’alcool ou des carburants, l’État invoque des coûts collectifs : maladies, pollution, accidents, émissions de CO₂ ou dépenses publiques de santé.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais ces coûts sont difficiles à mesurer. Ils dépendent des méthodes retenues, des dépenses prises en compte, mais aussi des économies indirectes que certains comportements peuvent générer pour les finances publiques. La note de l’IREF critique notamment certaines évaluations qui additionnent des coûts sociaux très larges, comme les années de vie perdues, pour justifier une fiscalité particulièrement élevée.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sans reprendre l’ensemble des calculs, l’idée principale est claire : si l’on retient uniquement les coûts effectivement supportés par la collectivité publique, la justification de certaines accises devient beaucoup moins évidente. Selon l’analyse de l’IREF, les taxes appliquées au tabac et à l’alcool seraient supérieures aux coûts publics engendrés.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce constat change la nature du débat. Il ne s’agit plus seulement de savoir si ces produits sont nocifs ou non. Il s’agit de savoir si le niveau de taxation correspond réellement au dommage collectif mesurable, ou si l’État utilise l’argument comportemental pour justifier une recette fiscale plus large.</span></p>
<h2><b>Quand la taxe devient supérieure au dommage</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Le principe d’une fiscalité comportementale est relativement simple : faire payer un coût qui n’est pas spontanément intégré dans le prix du marché. Si un produit génère une pollution ou des dépenses de santé pour la collectivité, la taxe peut être utilisée pour internaliser ce coût.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais lorsque le montant prélevé dépasse le coût réel de l’externalité, la logique change. La taxe ne compense plus seulement un dommage. Elle produit un prélèvement supplémentaire, dont la justification devient plus fragile.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est ce qui rend les droits d’accise particulièrement sensibles. Ils sont faciles à percevoir, appliqués à des consommations massives et souvent stables, et peuvent donc constituer des recettes importantes pour l’État. Le risque est alors que l’objectif comportemental affiché masque une logique budgétaire.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans ce cas, le contribuable n’achète plus seulement un produit. Il achète aussi une part importante de taxes, parfois sans que le lien entre le montant payé et le coût collectif réel soit clairement établi.</span></p>
<h2><b>Carburants et énergie : une incitation limitée quand la dépense est contrainte</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette question est encore plus sensible lorsque les accises portent sur des dépenses difficilement évitables, comme les carburants ou l’énergie.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour de nombreux ménages, utiliser sa voiture n’est pas un choix de confort, mais une nécessité quotidienne : aller travailler, accompagner ses enfants, accéder aux services ou se déplacer dans des territoires peu desservis par les transports collectifs. De la même manière, se chauffer ou consommer de l’électricité relève souvent d’un besoin essentiel.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans ces situations, la hausse de la fiscalité ne conduit pas nécessairement à un changement de comportement. Elle peut simplement renchérir une dépense contrainte. Le signal-prix existe, mais sa capacité à modifier les usages dépend très fortement des alternatives disponibles.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour un habitant d’un centre-ville bien desservi, la hausse du prix des carburants peut encourager le recours aux transports publics, au vélo ou à la marche. Pour un ménage rural ou périurbain dépendant de sa voiture, la marge de manœuvre est beaucoup plus faible.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La fiscalité comportementale atteint alors ses limites : elle pèse sur le pouvoir d’achat sans toujours permettre une modification réelle du comportement.</span></p>
<h2><b>Les effets de contournement</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Une fiscalité trop élevée peut aussi produire des effets de contournement. Lorsque les écarts de prix deviennent importants avec les pays voisins, certains consommateurs peuvent déplacer leurs achats à l’étranger.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est particulièrement visible dans les zones frontalières. Une étude de l’INSEE consacrée aux résidents frontaliers indique qu’en 2021, les dépenses de carburant à l’étranger représentaient 41,1 % des dépenses de carburant des ménages vivant en Moselle.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans ce cas, la taxe ne réduit pas nécessairement la consommation. Elle peut simplement déplacer l’achat hors du territoire national. Le comportement fiscal change, mais pas forcément le comportement environnemental.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce phénomène pose une difficulté supplémentaire pour la fiscalité comportementale : au-delà d’un certain niveau, la taxe peut perdre en efficacité, réduire son acceptabilité et encourager les stratégies d’évitement.</span></p>
<p><b>Une fiscalité incitative ou une fiscalité de rendement ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La question centrale est donc celle de la proportionnalité.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Une accise peut être justifiée lorsqu’elle permet d’intégrer dans le prix d’un produit le coût réel qu’il fait peser sur la collectivité. Mais elle devient plus contestable lorsque ce coût est mal évalué, lorsque la taxe dépasse le dommage mesurable ou lorsqu’elle s’applique à des dépenses que les ménages ne peuvent pas facilement éviter.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans ce cas, la fiscalité comportementale risque de perdre sa lisibilité. Elle n’est plus perçue comme un outil d’incitation ou de compensation, mais comme une taxe supplémentaire sur des consommations courantes.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le débat sur les droits d’accise rappelle ainsi une exigence essentielle : pour être crédible, une fiscalité comportementale doit pouvoir démontrer le lien entre le niveau de taxation et l’externalité qu’elle prétend corriger.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À défaut, elle nourrit une critique simple : sous couvert de corriger des comportements, elle sert surtout à financer les recettes publiques.</span></p>
<h2><b>Pour une fiscalité comportementale mieux justifiée</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Les droits d’accise ne sont pas illégitimes par principe. Certains comportements peuvent entraîner des coûts collectifs réels, qu’il s’agisse de pollution, de dépenses de santé ou de nuisances pour autrui. Mais leur justification suppose une évaluation rigoureuse, transparente et régulièrement actualisée de ces coûts.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Taxer au nom d’une externalité exige de mesurer cette externalité. Sans cette mesure, ou lorsque la taxe dépasse largement le coût qu’elle prétend compenser, le fondement comportemental devient incertain.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est tout l’enjeu des accises sur les carburants, l’énergie, le tabac ou l’alcool : distinguer ce qui relève d’une véritable correction des externalités de ce qui relève d’une fiscalité de rendement.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Une fiscalité comportementale efficace ne peut donc pas seulement reposer sur la hausse des prix. Elle doit être proportionnée, lisible et cohérente avec l’objectif poursuivi. À défaut, elle risque de renforcer le sentiment d’injustice, d’encourager les comportements de contournement et de fragiliser sa propre légitimité.</span></p>
<h3><b>Sources</b></h3>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">IREF, </span><a href="https://fr.irefeurope.org/la-justification-incertaine-des-droits-daccise/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">La justification incertaine des droits d’accise</span></a><span style="font-weight: 400;">, 3 juin 2026.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">Ministère de l’Économie, </span><a href="https://www.economie.gouv.fr/entreprises/gerer-sa-fiscalite-et-ses-impots/autres-impots-et-taxes/ce-quil-faut-savoir-sur-la-taxe#:~:text=La%20TICPE%20est%20une%20taxe,l'adoption%20du%20march%C3%A9%20unique." target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Ce qu’il faut savoir sur la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE)</span></a><span style="font-weight: 400;">.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">INSEE Analyses, </span><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/8236361#:~:text=Insee%20Analyses%20%C2%B7%20Septembre%202024%20%C2%B7%20n,de%20prix%20avec%20la%20France&amp;text=En%202021%2C%20en%20France%20m%C3%A9tropolitaine,d%C3%A9penses%20de%20carburant%20des%20m%C3%A9nages." target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Les résidents frontaliers ajustent fortement leurs achats de carburant à l’étranger</span></a><span style="font-weight: 400;">, septembre 2024.</span></li>
</ul>
<p>L’article <a href="https://fiscalite-comportementale.org/droits-daccise-quand-la-fiscalite-comportementale-depasse-le-cout-reel-des-externalites/">Droits d’accise : quand la fiscalité comportementale dépasse le coût réel des externalités</a> est apparu en premier sur <a href="https://fiscalite-comportementale.org">L&#039;Observatoire de la fiscalité comportementale</a>.</p>
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		<title>Alcool : santé publique ou rente fiscale ?</title>
		<link>https://fiscalite-comportementale.org/alcool-fiscalite-sante-publique-ou-rente-etat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[dev]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 15:37:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fiscalité comportementale]]></category>
		<category><![CDATA[actualité - fiscalité comportementale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En France comme ailleurs, l’alcool est présenté comme une cible prioritaire de santé publique. Pourtant, derrière l’argument sanitaire, se cache une ressource budgétaire de premier ordre pour l’État, bien peu réinvestie dans la prévention.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">En France comme ailleurs, l’alcool est présenté comme une cible prioritaire de santé publique. Pourtant, derrière l’argument sanitaire, se cache une ressource budgétaire de premier ordre pour l’État, bien peu réinvestie dans la prévention.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’alcool occupe une place à part dans l’arsenal fiscal français. À première vue, la taxation de ces produits semble s’inscrire dans une logique de santé publique : réduire la consommation pour en limiter les effets sanitaires. Mais dans les faits, la réalité budgétaire prend le dessus.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2023, les taxes sur les boissons alcoolisées ont rapporté près de 3,65 milliards d’euros à l’État, selon les chiffres de la DGFiP (Direction générale des finances publiques), via les droits d&rsquo;accises et la TVA. Cela représente environ 1,3 % des recettes fiscales nettes de l’État. Un chiffre massif, auquel s’ajoute une production locale dynamique et largement exportatrice, notamment pour les spiritueux français. Pourtant, les crédits consacrés à la prévention de l’alcoolisme ou à l’accompagnement des malades restent dérisoires en comparaison. Ces derniers représentent seulement 0,9 % des dépenses de santé publique allouées à la lutte contre les addictions. Budget global santé publique 2022 : 14,2 milliards € (source du ministère de la Santé).</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce déséquilibre interroge. D’autant plus que l’approche punitive – hausse des prix, encadrement publicitaire, messages sanitaires – n’a pas significativement réduit la consommation globale sur la dernière décennie. Un article paru en 2023 dans la revue internationale Adiktologie, consacrée à la publication de rapports scientifiques interdisciplinaires et transdisciplinaires, analyse l’impact des taxes sur le développement de l’addiction dans les pays de l’OCDE. Il conclut que l’augmentation des accises n’a pas d’effet direct évident sur la dépendance, suggérant que d’autres mesures (éducation, soutien) sont par ailleurs nécessaires.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le contraste est d’autant plus saisissant à l’international : aux États-Unis, les taxes douanières appliquées à partir de 2020 sur les spiritueux européens ont été officiellement justifiées par des impératifs de santé… mais cherchaient avant tout à répondre à un conflit commercial lié à Airbus et donc à des objectifs d’abord économiques et protectionnistes. Là encore, la santé publique semble bien loin du cœur du dispositif.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En France également, la logique budgétaire l’emporte. Peu de politiques structurelles sont mises en œuvre pour encadrer l’offre, ni pour différencier les produits selon leur niveau de dangerosité ou leur mode de consommation. Le vin, par exemple, est moins taxé que les spiritueux ou le tabac, pour des raisons économiques et culturelles, bien plus que sanitaires.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les messages de prévention sont donc bien présents, cependant l’État semble maintenir des exceptions sectorielles notables qui interrogent.</span></p>
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		<title>Christopher Snowdon : Repenser la fiscalité comportementale : de l’arme de prévention au levier de contrôle économique</title>
		<link>https://fiscalite-comportementale.org/repenser-la-fiscalite-comportementale-de-larme-de-prevention-au-levier-de-controle-economique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[dev]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Dec 2025 15:58:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fiscalité comportementale]]></category>
		<category><![CDATA[actualité - fiscalité comportementale]]></category>
		<category><![CDATA[Point de vue]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au fil du temps, ces taxes sont devenues des instruments budgétaires à rendement élevé, dont les effets comportementaux sont mal mesurés et rarement évalués.</p>
<p>L’article <a href="https://fiscalite-comportementale.org/repenser-la-fiscalite-comportementale-de-larme-de-prevention-au-levier-de-controle-economique/">Christopher Snowdon : Repenser la fiscalité comportementale : de l’arme de prévention au levier de contrôle économique</a> est apparu en premier sur <a href="https://fiscalite-comportementale.org">L&#039;Observatoire de la fiscalité comportementale</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Au fil du temps, ces taxes sont devenues des instruments budgétaires à rendement élevé, dont les effets comportementaux sont mal mesurés et rarement évalués.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Selon une étude sur les États moralisateurs réalisée par le directeur de la division économie des modes de vie à l’Institute of Economic Affairs (Londres), Christopher Snowdon, pour Epicenter (European Policy Information Center), en partenariat avec plusieurs think tanks européens, force est de constater que ces dispositifs « ne sont presque jamais supprimés même lorsqu’ils s’avèrent inefficaces ou régressifs », soulignant une inertie fiscale plus proche de la rente que de l’expérimentation.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’un des enseignements majeurs repose sur la confusion des finalités : les gouvernements utilisent désormais la fiscalité comportementale à la fois pour influencer les comportements individuels et remplir les caisses de l’État, au risque d’aboutir à une forme de double contrainte. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">On attend des citoyens qu’ils réduisent leur consommation… mais leur persistance à consommer reste souhaitée pour préserver les recettes publiques.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La logique incitative, fondée sur l’alignement des intérêts entre État et citoyens, s’est vue amendée par une logique de dépendance fiscale. Les recettes issues des taxes comportementales – qu’il s’agisse de celles sur l’alcool, les jeux, le tabac ou l’automobile – représentent désormais des lignes budgétaires majeures (près de 25 milliards d’euros annuels en France), sans que les politiques publiques s’obligent à évaluer rigoureusement leurs effets comportementaux, sanitaires ou sociaux.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Comme le souligne l’auteur du rapport, « les taxes dites comportementales ne sont presque jamais évaluées ni supprimées », même lorsqu’elles se révèlent inefficaces, inéquitables, ou contournées massivement. Pire, elles tendent à s’additionner à des dispositifs réglementaires de plus en plus rigides, renforçant une double logique punitive et infantilisante.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Taxer devient une manière de valoriser certains styles de vie, tout en punissant les écarts jugés déviants, et en ciblant des produits consommés majoritairement par les catégories populaires (alcool bon marché, jeux à gratter, véhicules thermiques d’occasion), la fiscalité comportementale accentue les inégalités sociales, sans que les gains fiscaux ne soient systématiquement réinvestis dans la prévention ou la santé.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Un cercle vicieux politique et budgétaire</b></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Plus les comportements ciblés persistent, plus les recettes augmentent. Ce constat n’incite donc pas à mettre en place des stratégies de prévention réellement adaptées.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’exemple des jeux d’argent est emblématique : la dépendance des finances publiques à la Française des Jeux ou au PMU coexiste avec la reconnaissance officielle des risques d’addiction, sans politique ambitieuse de réduction des dommages.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Comme le précise Cécile Philippe, présidente de l’Institut économique Molinari (Paris-Bruxelles), « une bonne stratégie comportementale doit miser sur les produits de substitution moins risqués en les favorisant par rapport à ceux qui sont plus risqués. (&#8230;) C’est potentiellement le cas avec la cigarette électronique, qui présente moins de risques que la cigarette traditionnelle selon un nombre significatif d’experts reconnus. »</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il est important, à l’en croire, que « le consommateur puisse accéder à des alternatives limitant ses risques pour éviter que des stratégies de contournement se développent et favorisent le trafic illicite, le marché parallèle voire le recours à des substituts plus nocifs ».</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors que la fiscalité comportementale s’étend dans des domaines de plus en plus diversifiés – environnement, alimentation, mobilité… –, il apparaît nécessaire de clarifier ses objectifs. Est-elle encore un outil incitatif destiné à orienter les comportements dans l’intérêt général ? </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ou bien s’est-elle muée en machine à cash moraliste, masquant un contrôle social croissant ?</span></p>
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		<title>Vers un renforcement de la taxe sur l’alcool pour répondre au coût social</title>
		<link>https://fiscalite-comportementale.org/renforcement-taxe-alcool-cout-social-sante-publique-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[dev]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Dec 2025 15:40:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fiscalité comportementale]]></category>
		<category><![CDATA[actualité - fiscalité comportementale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le cadre du budget de la Sécurité sociale, les députés ont validé plusieurs amendements renforçant la fiscalité sur l’alcool. Ils prévoient notamment la suppression du plafond limitant la hausse des taxes à 1,75 % par an et l’élargissement de certains prélèvements à de nouveaux produits. L’objectif : aligner cette fiscalité sur les enjeux de santé [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://fiscalite-comportementale.org/renforcement-taxe-alcool-cout-social-sante-publique-2025/">Vers un renforcement de la taxe sur l’alcool pour répondre au coût social</a> est apparu en premier sur <a href="https://fiscalite-comportementale.org">L&#039;Observatoire de la fiscalité comportementale</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Dans le cadre du budget de la Sécurité sociale, les députés ont validé plusieurs amendements renforçant la fiscalité sur l’alcool. Ils prévoient notamment la suppression du plafond limitant la hausse des taxes à 1,75 % par an et l’élargissement de certains prélèvements à de nouveaux produits. L’objectif : aligner cette fiscalité sur les enjeux de santé publique et mieux couvrir le coût social de l’alcool, estimé à 102 milliards d’euros par an.</span></p>
<h3><b>Un plafonnement aujourd’hui remis en cause</b></h3>
<p><b>Un mécanisme devenu obsolète ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Depuis plusieurs années, les taxes sur l’alcool sont indexées sur l’inflation. Toutefois, cette indexation est plafonnée à +1,75 % par an, ce qui limite automatiquement les hausses, même en période d’inflation élevée. En 2022 ou 2023, alors que les prix à la consommation grimpaient fortement, les droits d’accise sur l’alcool n’ont pas suivi la même dynamique. Résultat : la fiscalité appliquée à l’alcool progresse moins vite que les prix, contrairement à d’autres produits comme le tabac ou les sodas, eux aussi taxés au nom de la santé publique. Ce décalage fragilise l’effet dissuasif de la taxe et réduit les recettes fiscales disponibles pour compenser le coût social de l’alcool.</span></p>
<p><b>Une volonté politique transpartisane</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour cette raison, plusieurs députés, de la NUPES aux écologistes en passant par Horizons, ont porté des amendements visant à supprimer ce plafond de 1,75 %. Frédéric Valletoux (Horizons), président de la commission des Affaires sociales, a défendu cette mesure en s’appuyant sur les alertes du monde médical concernant les dégâts sanitaires liés à l’alcool. Le rapporteur général du budget de la Sécurité sociale, Thibault Bazin (Les Républicains), a reconnu l’intérêt de cette réforme, tout en relativisant son effet immédiat au vu d’une inflation prévisionnelle modérée (1,3 % en 2026). Malgré ces nuances, le signal politique est clair : remettre la fiscalité de l’alcool à niveau face aux enjeux de santé publique.</span></p>
<h3><b>Élargir la fiscalité à de nouveaux produits alcoolisés</b></h3>
<p><b>Un marché en mutation, une fiscalité à adapter</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Face à l’émergence de nouvelles boissons alcoolisées, les députés ont acté l’extension de la taxe sur les « premix », ces mélanges d’alcool et de boissons sucrées. Jusqu’ici, seuls les produits titrant entre 1,2 % et 12 % d’alcool étaient concernés. Désormais, les boissons jusqu’à 25 % vol. seront intégrées dans le champ de la taxe. L’objectif : cibler des produits comme les « Vody », très populaires auprès des jeunes, associant des alcools forts (vodka, rhum) à des boissons énergisantes, vendus à bas prix (environ 3,50 €).</span></p>
<p><b>Un levier publicitaire également visé</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Autre mesure adoptée : la création d’une taxe de 3 % sur les dépenses de publicité pour les boissons alcoolisées. Cette contribution concernera les entreprises réalisant plus de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires et alimentera un fonds de lutte contre les addictions. En s’attaquant au levier marketing, les parlementaires espèrent réduire l’attractivité des marques, notamment auprès des publics les plus jeunes.</span></p>
<h3><b>Une fiscalité au service de la santé publique… mais encore insuffisante ?</b></h3>
<p><b>Un déséquilibre persistant entre coûts sociaux et recettes fiscales</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le coût social de l’alcool en France est colossal : 102 milliards d’euros par an. Il est à l’origine de 49 000 décès, de centaines de milliers d’hospitalisations et de prises en charge médicales. Pourtant, la fiscalité actuelle sur les boissons alcoolisées ne couvre qu’une fraction de ces dépenses. Ce décalage alimente le débat sur la nécessité de renforcer les recettes issues de l’alcool, au nom de la solidarité et de la prévention.</span></p>
<p><b>Un outil utile, mais insuffisant seul</b><b><br />
</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La fiscalité comportementale est régulièrement présentée comme un levier efficace pour faire évoluer les comportements. La hausse des prix peut en effet décourager certains usages, notamment chez les plus jeunes. Mais plusieurs voix soulignent que ce levier ne peut suffire à lui seul : sans contrôle renforcé, sans régulation de la vente en ligne ou des circuits parallèles, une partie du problème risque de persister. La lutte contre les addictions appelle ainsi une stratégie plus globale, articulant fiscalité, prévention et encadrement du marché.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En supprimant le plafond d’indexation et en élargissant la taxe à de nouveaux produits, les députés renforcent le rôle de la fiscalité dans la lutte contre les méfaits de l’alcool. Si ces mesures envoient un signal fort, elles ne suffiront pas à elles seules. Pour être efficace, cette politique devra s’accompagner de contrôles, de prévention et d’un encadrement plus strict des pratiques commerciales.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Sources :</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Télégramme &#8211; 29/10/2025 &#8211;</span> <a href="https://www.letelegramme.fr/france/taxes-sur-lalcool-en-commission-les-deputes-deplafonnent-les-hausses-alignees-sur-linflation-6918315.php"><span style="font-weight: 400;">Taxes sur l’alcool : en commission, les députés déplafonnent les hausses alignées sur l’inflation</span></a></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Alternatives Économiques &#8211; 11/10/2025 &#8211; </span><a href="https://www.alternatives-economiques.fr/part-de-fiscalite-environnementale-lensemble-de-fiscalite-2005-leurope-a-quinze-0105200836929.html"><span style="font-weight: 400;">Part de la fiscalité environnementale dans l’ensemble de la fiscalité en 2005 dans l’Europe à quinze, en %</span></a></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Capital &#8211; 29/10/2025 &#8211; </span><a href="https://www.capital.fr/economie-politique/budget-2026-en-commission-les-deputes-donnent-le-feu-vert-au-renforcement-de-la-fiscalite-sur-lalcool-1520180"><span style="font-weight: 400;">Budget 2026 : en commission, les députés donnent le feu vert au renforcement de la fiscalité sur l’alcool</span></a></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La Reine du Vin de France &#8211; 30/10/2025 &#8211;</span><a href="https://www.larvf.com/les-deputes-ouvrent-la-voie-a-une-hausse-plus-forte-des-taxes-sur-l-alcool,4909447.asp"><span style="font-weight: 400;"> Les députés ouvrent la voie à une hausse plus forte des taxes sur l’alcool</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://fiscalite-comportementale.org/renforcement-taxe-alcool-cout-social-sante-publique-2025/">Vers un renforcement de la taxe sur l’alcool pour répondre au coût social</a> est apparu en premier sur <a href="https://fiscalite-comportementale.org">L&#039;Observatoire de la fiscalité comportementale</a>.</p>
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